Ecoland

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mercredi 7 mars 2007

Ours blanc stop ou encore?

En danger, la population d'ours polaires augmente pourtant
Un rapport préliminaire tout «chaud» des biologistes du gouvernement du Nunavut suggère que la population d'ours blancs augmente plutôt qu'elle décline. Une «embellie» qui ne change rien aux perspectives de disparition à long terme liée aux changements climatiques, estime Louis Fortier, professeur à l'Université Laval.
L'an dernier, l'Union mondiale pour la nature (UICN) a décidé d'ajouter l'ours blanc (polaire), symbole par excellence de l'Arctique canadien, à la liste des espèces menacées. Les États-Unis y songent. L'animal a besoin de la banquise, qui fond, pour se nourrir et se reproduire. Les scientifiques craignent une baisse de 30 % de leur population d'ici quelques années.
Mitchell Taylor, le spécialiste de la question au Nunavut, vient de jeter un iceberg dans l'océan : les ours de la côte sud-est de l'île de Baffin, de la baie d'Ungava et de la côte nord du Labrador sont non seulement en santé, mais en plus grand nombre qu'avant.
Selon M. Taylor, la population d'ours blancs de Davis Strait atteindrait quelque 2000 spécimens. Il estime donc qu'il n'y a pas lieu de presser le bouton-panique. Ironiquement, reconnaît le scientifique, la hausse serait attribuable aux campagnes pour bannir la chasse aux phoques, dans les années 1980, qui ont fait augmenter la source de nourriture.
Les découvertes du docteur Taylor ne sont donc pas «une grande surprise», lance M. Fortier, de la Chaire de recherche sur la réponse des écosystèmes marins au réchauffement climatique. «La situation (des ours blancs) va s'améliorer dans un premier temps, puis se détériorer par la suite.»
Comment? La fonte de la glace du couvert arctique apporte plus de lumière dans l'eau, donc plus de zooplanctons, donc plus de poissons, de phoques et d'ours polaires, au bout de la chaîne alimentaire. Mais quand la banquise sera disparue, sous l'effet des changements climatiques, une possibilité d'ici à la fin du siècle, bonsoir, M. l'Ours.
«C'est impossible qu'il s'adapte à un régime terrestre. Les animaux emblématiques et hautement spécialisés comme le morse et l'ours blanc vont céder la place à des généralistes venus du sud», explique M. Fortier.
Chiffres contradictoires
Les chiffres d'Environnement Canada dressent un portrait bien différent de celui de Mitchell Taylor. Selon Michelle Brenning, la directrice générale du service canadien de la Faune, le Canada compte environ 15 000 ours blancs répartis en 13 populations. «Deux sont en augmentation, cinq en déclin, cinq en maintien et une n'a pu être recensée. Ce n'est pas une situation uniforme et les populations varient beaucoup en nombre d'individus.»
Louis Fortier ne remet pas en cause la bonne foi de M. Taylor, mais la situation lui rappelle les dénégations de certains spécialistes, dans les années 1980, quand on a commencé à prédire la disparition des stocks de morue atlantique.
«C'est une question de perspective», dit le prof de biologie. Comprendre, plus d'ours blancs maintenant ne change rien à leur éventuelle disparition. Et que la lorgnette de M. Taylor est peut-être embuée par des facteurs sociopolitiques où l'environnement cède le pas aux considérations économiques. Comme en Alaska, aux États-Unis, où la controverse fait rage sur le statut éventuel d'espèce en voie de disparition de l'ours blanc.
Éric Moreault
Le Soleil

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